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FR Bénédiction du Halel de Roch 'Hodech

Avant la bénédiction du Halel, le 'Hazan dit « Birchout morai vérabotai » et l’assemblée répond « Birchout Chamayim », car il récite la bénédiction au nom de l’assemblée. (1)


Lorsqu’on fait la prière avec un minyan, la coutume marocaine est de réciter le Halel à Roch 'Hodech avec la bénédiction « Likro et HaHalel » ('Hasi-Halel). (2)

Le 'Hazan récite les bénédictions, ce qui a pour but d’exempter l’assemblée. D’autres personnes qui sont présentes ne récitent pas les bénédictions individuellement, mais elles répondent « Baroukh hou oubaroukh chémo » et « Amen » aux bénédictions récitées par le 'Hazan. Certaines autorités, cependant, déclarent que chaque personne dans un minyan peut réciter elle-même sa bénédiction, même la deuxième bénédiction, « Yéhaléloukha ». (3) Cependant, si quelqu’un arrive à la synagogue au milieu du Halel, il peut réciter la première bénédiction et faire un effort pour terminer le Halel avec l’assemblée et ne pas réciter la dernière bénédiction tout seul. (4) Celui qui prie seul ne récite pas cette bénédiction. (5)


Si l’on se trouve dans une synagogue où la coutume n’est pas de dire les bénédictions sur le 'Hasi-Halel du tout, certaines autorités affirment qu’il peut lui-même réciter les bénédictions d’avant et d’après. (6) Si l’on se trouve dans une synagogue où la coutume est que chaque personne récite les bénédictions elle-même, il doit demander à l’un des individus présents de l’avoir à l’esprit lors de la récitation de ses bénédictions. (7)


La coutume des Tochabim de Fès est de suivre Rambam et de ne pas réciter une bénédiction pour le 'Hasi-Halel du tout. (8)



Hareré Kodech:

(1) Il est écrit dans Dibré Chalom VéEmet (vol. 2, p. 38, §91) que la coutume marocaine, et la coutume originale de tous les Séfarades est de répondre « Birchout Chamayim » et non seulement « Chamayim » comme beaucoup le font aujourd’hui. Se référer au Sidour Téfilat Ha'Hodech (p. 559).


(2) La coutume séfarade a toujours été de réciter la bénédiction « Likro… » pour le 'Hasi-Halel, que ce soit à Roch 'Hodech ou à 'Hol HaMo’ed de Pesa'h, cela malgré les réclamations de certaines autorités halakhiques contemporaines qui déclarent le contraire.


Il existe trois opinions parmi les Richonim concernant la bénédiction du 'Hasi-Halel. Rabénou Tam (Tosafot, Ta’anit 28b) est d’avis qu’on doit réciter la bénédiction, peu importe si on prie avec un minyan ou non. Rif, ainsi que Ran, Ribach (§111), Maguid Michné, et Chibolé HaLéket (§174), sont d’avis que l’on ne récite les bénédictions que si on prie avec un minyan. Rachi et Rambam, d’autre part, sont d’avis qu’on ne récite pas de bénédiction du tout. La différence d’opinions est la suivante. Réciter le Halel à Roch 'Hodech est une coutume, et il s’agit d’un sujet de discorde à savoir si on récite une bénédiction sur une coutume ou non. La coutume séfarade a toujours été de suivre Rif, qui statue qu’il faut réciter une bénédiction pour le 'Hasi-Halel lorsqu’on prie avec un minyan.


Maran (Choul'han ‘Aroukh, 422:2) mentionne les opinions de Rif et de Rambam et stipule que la coutume de la Terre d’Israël et ses environs est de suivre Rambam, et de ne pas réciter une bénédiction pour le 'Hasi-Halel. L’opinion de Maran n’est pas très claire, car dans Bet Yosef (§422) il cite les trois opinions des Richonim et semble favoriser celle du Rif. Cependant, il ne rend pas une décision claire et l’un des principes fondamentaux régissant l’adoption des décisions de Maran c’est qu’elles ne sont pas prépondérantes lorsqu’elles ne sont pas claires (voir Introduction §9). Dans ce cas particulier, les Séfarades ont toujours suivi l’opinion de Rif et même en Terre d’Israël, où Maran dit que la coutume n’est pas de réciter une bénédiction pour le 'Hasi-Halel, les Juifs marocains doivent garder leur coutume et réciter la bénédiction. Comme ils ont ouvert des synagogues en Terre d’Israël, ils sont considérés comme une communauté à part entière, et une communauté garde ses coutumes même quand elle se déplace, du Maroc en Israël, au Canada, en France, etc. La halakha qui stipule que celui qui se déplace vers un autre endroit doit adopter la coutume locale, ne s’applique qu’aux personnes qui se déplacent vers un lieu dépourvu de communauté établie. Ribi Mordekhai Lebhar s”t a personnellement entendu cela de Ribi Chalom Messas, Ribi Yosef Chalom Elyachib et de Ribi Mordekhai Eliyahou. C’est aussi ce qu’a fait Ribi Réfael Baroukh Tolédano lorsqu’il s’est installé en Terre d’Israël (Or HaMa’arab, Chébat, vol. 7, p. 71).


(3) Le sidour Bet ‘Obed écrit qu’un individu peut réciter la bénédiction avant le Halel, « Likro Et HaHalel », mais pas la bénédiction qui vient après, « Yéhaléloukha ». Cependant, Ribi Chalom Messas (Tébouot Chémech, §68) déclare qu’un « élève s’est trompé » et l’a écrit dans le sidour Bet ‘Obed, et qu’on peut réciter les deux bénédictions soi-même lorsqu’il y a un minyan et qu’on ne doit pas être nécessairement exemptés par les bénédictions du 'Hazan.


(4) Se référer à Méiri (Bérakhot 14a), s.v. Elou ché-amerou.


(5) Se référer aux anciens sidourim de Livourne (Bet ‘Obed, Téfilat Ha'Hodech), ainsi qu’aux sidourim de Bagdad (Bet Yisrael) et d’Egypte (Pir'hé Misrayim) qui tous écrivent qu’on doit réciter les bénédictions uniquement avec un minyan. Se référer à Ribi Chalom Messas (Tébouot Chémech, §68), Ribi Réfael Baroukh Tolédano (Kisour Choul'han ‘Aroukh, §255:10), Ribi Yosef Bénaïm (Noheg Bé'Hokhma, p. 28), et Ribi Yis'hak 'Hazan (Yé'havé Da’at, §11). Bérit Kéhouna (200:5) et Cho-el VéNich-al (vol. 2, §30) témoignent que c’est également la coutume de Djerba et de Tunis, respectivement. Ribi David ‘Obadia (Nahagou Ha’Am, Roch 'Hodech, §7, p. 242) écrit qu’il faut réciter les bénédictions, bien que la coutume suit Rabénou Tam qui déclare qu’on doit les réciter avec ou sans minyan.


(6) Entendu de Ribi Yosef Bénaïm.


(7) Entendu de Ribi Yosef Chalom Elyachib. La raison en est que dans une synagogue où chaque personne récite les bénédictions elle-même, elle doit supposer que le 'Hazan n’a pas à l’esprit d’exempter les autres par sa bénédiction. En même temps, un Juif marocain ne peut pas réciter la bénédiction lui-même, car sa coutume est d’entendre la bénédiction du 'Hazan. Par conséquent, le conseil dans cette situation est de demander à l’un des fidèles dont la coutume est de réciter la bénédiction Halel de l’avoir à l’esprit quand il la récite.


(8) Se référer aux sidourim des Tochabim de Fès, Ahabat HaKadmonim, et Noheg Bé'Hokhma (p. 28).

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